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Maison 8 août 2024 12 min de lecture

Comment poser de la faïence dans une salle de bain, étape par étape

Poser de la faïence dans une salle de bain exige surtout un support plan, sain et correctement protégé de l’eau. Du calepinage aux joints silicone, voici la méthode pour obtenir un mur durable, régulier et facile à entretenir.

Comment poser de la faïence dans une salle de bain, étape par étape

Pour poser de la faïence dans une salle de bain, commencez par assainir et aplanir le mur, protégez les zones exposées à l’eau, puis tracez un calepinage précis avant de coller les carreaux. La réussite ne dépend pas seulement de la colle : un support bien préparé, des joints réguliers et des angles traités au silicone font la différence entre un mur décoratif et un revêtement réellement durable.

1. Vérifier le mur avant toute pose

La faïence est un revêtement mural : elle ne corrige ni un mur instable ni un problème d’infiltration. Retirez papier peint, peinture écaillée, résidus de colle et poussière. Le support doit être sec, propre, solide, non gras et suffisamment plan. Passez une règle sur le mur : les creux et bosses marqués doivent être rebouchés ou ragréés avant la pose, plutôt que compensés par une surépaisseur de colle.

Sur un mur en plâtre ou en plaques de plâtre, vérifiez l’absence de gonflement, de fissure mobile et de vis apparente. Un enduit de rebouchage, suivi d’un enduit de lissage si nécessaire, permet de retrouver une surface régulière. Sur béton, ciment ou ancien carrelage solidement collé, un nettoyage dégraissant et un primaire d’adhérence adapté sont souvent nécessaires. Une cloison en plaque de plâtre hydrofuge est utile dans une salle de bain, mais elle ne remplace pas une protection à l’eau dans une douche.

  • Mur neuf absorbant : dépoussiérez et appliquez un primaire si le fabricant de la colle le prescrit.
  • Mur peint : poncez les peintures brillantes, éliminez toute partie non adhérente et lessivez soigneusement.
  • Ancienne faïence : sondez chaque carreau ; si plusieurs sonnent creux ou bougent, déposez l’ensemble.
  • Mur humide ou salpêtre : traitez d’abord la cause, qu’il s’agisse d’une fuite, d’une ventilation insuffisante ou d’une remontée d’humidité.
  • Support très irrégulier : redressez-le avec un enduit compatible plutôt que de multiplier les plots de colle.

Quel adhésif choisir pour des murs de salle de bain ?

Colle prête à l’emploi en pâte

  • Pratique pour une petite crédence ou quelques mètres carrés de mur.
  • Ne demande pas de mélange et laisse généralement plus de temps pour ajuster les carreaux.
  • Sèche plus lentement derrière des carreaux peu absorbants ou de grand format.
  • À réserver aux usages et supports explicitement autorisés par son fabricant, surtout en zone humide.

Mortier-colle ciment amélioré

  • Choix généralement le plus polyvalent et rassurant en salle de bain.
  • Adapté aux supports minéraux et aux formats plus exigeants selon sa classification.
  • Doit être mélangé avec la bonne quantité d’eau, puis utilisé dans son temps d’emploi.
  • Une version déformable est pertinente lorsque le support ou le format de carreau l’exige.

2. Choisir les matériaux, les outils et la bonne quantité

Préférez des carreaux muraux de même bain de fabrication, c’est-à-dire issus de la même série de teinte et de calibre. Mesurez chaque pan de mur, déduisez les ouvertures importantes si vous le souhaitez, puis ajoutez une marge pour les découpes, les casses et les futurs dépannages. Comptez environ 10 % de réserve pour une pose droite simple, davantage avec une pose en diagonale, un motif complexe ou de nombreuses niches.

ÉlémentÀ choisir selonOrdre de grandeur
Faïence muraleFormat, finition, résistance adaptée à l’usage mural, même bain de fabricationEnviron 15 à 80 € par m², hors modèles premium
Mortier-colleNature du support, humidité, format et poids des carreauxSac de 20 kg : souvent 15 à 30 €, pour environ 4 à 6 m² selon peigne et support
Primaire et protection à l’eauSupport absorbant, ancien carrelage et exposition à la doucheEnviron 20 à 80 € selon produits et surface
Mortier-jointLargeur des joints, teinte, résistance à l’humidité et facilité de nettoyageEnviron 10 à 25 € le sac ou le kit courant
OutillageCoupe droite, découpes de prises et perçagesEnviron 80 à 200 € si vous devez vous équiper
Matériel de pose : repères de choix et budgets indicatifs hors main-d’œuvre

Prévoyez aussi un mètre, un niveau ou un laser, une règle, un cordeau traceur, un crayon, un malaxeur monté sur perceuse, un seau propre, une truelle, un peigne cranté, une taloche caoutchouc, une éponge, des croisillons ou un système de nivellement, un coupe-carreaux et une pince ou scie adaptée aux découpes. Pour les sorties de robinetterie, une scie-cloche diamantée donne un résultat bien plus propre qu’une découpe approximative à la pince.

10 % de faïence supplémentaire à prévoir au minimum pour les coupes et les imprévus
2 mm largeur de joint souvent retenue au minimum avec des carreaux rectifiés, selon la notice
24 h délai indicatif avant jointoiement, à confirmer sur l’emballage de la colle
48 à 72 h délai prudent avant exposition importante à l’eau, selon les produits employés

3. Préparer le calepinage : la clé d’un résultat équilibré

Le calepinage consiste à décider du point de départ, de la hauteur des rangs et de la position des coupes avant d’ouvrir le sac de colle. Posez quelques carreaux à blanc au sol ou reportez leurs dimensions sur le mur, en intégrant la largeur des joints. L’objectif est d’éviter une bande finale très étroite au plafond, au sol ou dans un angle très visible.

Pour un mur entier, partez généralement d’un axe vertical centré sur l’élément le plus visible : meuble vasque, miroir, niche ou robinetterie. Répartissez les coupes de part et d’autre plutôt que de terminer avec une languette de quelques millimètres. En hauteur, ne démarrez pas forcément au sol : si le sol n’est pas parfaitement de niveau, installez un tasseau horizontal parfaitement réglé et commencez par le deuxième rang. Le rang du bas sera découpé à la fin pour suivre le sol.

4. Poser la faïence : la méthode étape par étape

  1. Protéger la pièce et préparer les repères
    Coupez l’alimentation électrique des circuits concernés avant de déposer des appareillages, protégez baignoire, receveur et meuble, puis retirez plaques de prises et accessoires. Tracez l’axe vertical du calepinage et la ligne horizontale de départ au niveau. Fixez un tasseau droit sous cette ligne si vous démarrez au deuxième rang.
  2. Appliquer la protection contre l’eau si elle est requise
    Dans les zones exposées, posez le système de protection compatible avec votre support : primaire éventuel, résine ou membrane, bandes dans les angles et renforts autour des tubes. Laissez sécher entre les couches. Ne percez pas cette protection sans prévoir un traitement étanche approprié.
  3. Préparer la colle en petites quantités
    Pour un mortier-colle, versez la quantité d’eau prévue dans un seau propre, ajoutez la poudre, mélangez lentement puis laissez reposer si la notice l’impose. Remélangez. Préparez seulement ce que vous pourrez poser pendant le temps ouvert du produit : une colle qui a croûté en surface ne doit pas être réhumidifiée.
  4. Encoller une surface limitée et peigner régulièrement
    Étalez la colle avec le côté lisse de la taloche, puis formez des sillons réguliers avec le peigne cranté. Travaillez par petites surfaces, typiquement de quoi poser quelques carreaux sans que la colle ne sèche. Orientez les sillons dans le même sens pour faciliter l’écrasement de la colle sous le carreau.
  5. Poser les carreaux depuis le rang de référence
    Pressez chaque carreau avec un léger mouvement de va-et-vient, sans l’enfoncer brutalement. Insérez des croisillons à chaque intersection et contrôlez très souvent aplomb, niveau et alignement avec une règle. Un système de nivellement peut aider sur les grands formats, mais il ne corrige pas un mur mal préparé.
  6. Réaliser les découpes au fur et à mesure
    Mesurez chaque coupe séparément : les murs et angles sont rarement parfaitement droits. Utilisez un coupe-carreaux pour les coupes rectilignes, une pince pour de petites retouches et une scie-cloche adaptée pour les percements. Laissez un jeu périphérique discret dans les angles, au sol et contre le plafond ; il sera masqué par un joint souple ou une finition.
  7. Contrôler l’adhérence et nettoyer immédiatement
    Soulevez ponctuellement un carreau au début de la pose pour vérifier que son envers est correctement couvert de colle. Retirez les bavures avant qu’elles ne durcissent, notamment dans les joints. Gardez les croisillons propres et n’essayez pas d’aligner un rang déjà pris en forçant les carreaux.
  8. Attendre le séchage avant de retirer le tasseau
    Laissez la colle durcir pendant le délai indiqué par le fabricant. Retirez ensuite le tasseau, coupez et posez le rang inférieur. Évitez les vibrations, les chocs et toute projection d’eau durant cette phase de prise.

5. Faire les joints et les finitions étanches

Lorsque la colle est sèche, retirez croisillons et cales, puis grattez les remontées de colle dans les interstices. Préparez le mortier-joint selon sa notice. Étalez-le en diagonale des carreaux avec une taloche caoutchouc afin de remplir les joints sans les creuser. Après le temps de prise indiqué, nettoyez en douceur avec une éponge légèrement humide, rincée très souvent. Un voile résiduel peut être essuyé à sec une fois le joint durci.

Ne remplissez pas les jonctions entre deux plans avec du mortier-joint : angles verticaux, raccord faïence-baignoire, faïence-receveur, faïence-plan vasque et, selon le cas, périphérie. Ces zones bougent légèrement ; elles demandent un mastic silicone sanitaire, idéalement traité contre les moisissures. Posez un fond de joint lorsque l’espace est profond, lissez le silicone immédiatement et retirez le ruban de masquage sans attendre.

6. Erreurs fréquentes, contrôles finaux et entretien

L’erreur la plus coûteuse consiste à carreler trop vite un support humide ou mal fixé. Viennent ensuite l’absence de protection sous carrelage dans la douche, le départ au sol sans vérifier son niveau, l’encollage d’une trop grande surface et l’oubli des joints souples. Évitez aussi de poser de la faïence directement sur une peinture fragile, de recycler une colle qui a commencé à prendre ou de choisir des joints blancs très texturés dans une zone très calcaire sans accepter un entretien régulier.

  • Avant de jointoyer, vérifiez l’alignement général à la lumière rasante et remplacez tout carreau manifestement mal posé.
  • Contrôlez que les coupes autour des prises et tuyaux seront dissimulées par les rosaces ou plaques de finition.
  • Après la pose, attendez le séchage complet des produits avant d’utiliser abondamment douche ou baignoire.
  • Nettoyez ensuite avec un produit doux et non abrasif ; les poudres agressives peuvent ternir les joints et abîmer les mastics.
  • Surveillez le silicone : s’il noircit, se décolle ou se fissure, retirez-le entièrement et refaites le joint plutôt que de le recouvrir.

Pour une petite crédence ou un mur hors projections directes, un bricoleur soigneux peut réaliser la pose en une journée, hors séchages. Une douche à l’italienne, une niche, de grands carreaux, des murs déformés ou de nombreuses découpes demandent davantage de préparation et justifient parfois l’intervention d’un carreleur. Dans tous les cas, la patience consacrée au support et au calepinage se voit beaucoup plus que la vitesse de pose.

Questions fréquentes

On répond à vos questions

Peut-on poser de la faïence directement sur du placo dans une salle de bain ?

Oui, sur une plaque de plâtre adaptée et parfaitement stable, à condition de préparer le support selon les préconisations de la colle. En revanche, dans la douche et les zones très exposées aux projections, le placo hydrofuge seul ne suffit pas : ajoutez un système de protection à l’eau sous carrelage avant la pose.

Faut-il enlever l’ancienne faïence avant de recarreler ?

Pas systématiquement. Vous pouvez carreler sur une ancienne faïence si elle est parfaitement adhérente, plane, propre et dégraissée. Sondez les carreaux, retirez ceux qui sonnent creux et utilisez un primaire d’adhérence adapté. Si le mur présente de nombreux carreaux décollés, des fissures ou des infiltrations, déposez l’ancien revêtement pour repartir sur une base saine.

Quelle largeur de joint choisir pour de la faïence murale ?

Cela dépend du format, de la rectification des bords et de l’effet recherché. Avec des carreaux rectifiés, un joint de 2 mm est souvent envisageable si le fabricant l’autorise et si le support est très plan. Pour une faïence classique, 3 à 5 mm donne généralement davantage de tolérance et un rendu plus régulier. Respectez toujours la largeur minimale indiquée pour votre série.

Faut-il mettre du silicone entre les carreaux ?

Non, les joints entre carreaux se font avec un mortier-joint. Le silicone sanitaire est réservé aux changements de plan et raccords : angles, jonction avec baignoire ou receveur, plan vasque, sol et certains pourtours. Ces zones doivent rester souples pour absorber les petits mouvements du bâtiment.

Combien de temps attendre avant d’utiliser la douche après la pose ?

Attendez au minimum le délai indiqué sur la colle, le mortier-joint et le silicone, car le produit le plus lent détermine la remise en service. En pratique, comptez souvent 48 à 72 heures avant une exposition importante à l’eau, parfois plus selon la température, l’humidité et le système d’étanchéité. Ne vous fiez pas seulement à une surface qui paraît sèche.

Comment éviter que la faïence soit de travers au départ ?

Ne vous fiez pas au sol, qui est rarement parfaitement horizontal. Tracez une ligne de référence au niveau ou au laser, puis fixez un tasseau droit pour soutenir le premier rang posé. Vérifiez chaque rang avec une règle et un niveau, plutôt que d’attendre la fin du mur pour corriger un décalage.