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Jardin 6 janvier 2025 12 min de lecture

Tailler un figuier : quand, comment et sans compromettre la récolte

La taille du figuier se pratique surtout à la fin de l’hiver, hors période de fortes gelées, en retirant d’abord le bois mort et les branches mal placées. L’objectif n’est pas de raccourcir tous les rameaux, mais d’aérer l’arbre et de renouveler progressivement son bois sans supprimer ses futures figues.

Tailler un figuier : quand, comment et sans compromettre la récolte

Pour bien tailler un figuier, intervenez à la fin de l’hiver, lorsque les grosses gelées ne sont plus à craindre, puis supprimez le bois mort, les branches qui s’enchevêtrent et les pousses mal orientées. Une taille légère, sélective et régulière est plus productive qu’un raccourcissement uniforme : le figuier fructifie sur ses jeunes pousses, mais certaines variétés portent aussi une première récolte sur le bois de l’année précédente.

Le bon geste dépend donc de trois éléments : l’âge de l’arbre, sa forme, buisson ou petit arbre sur tronc, et son type de fructification. Un figuier vigoureux supporte bien une correction, mais une coupe trop sévère produit souvent une profusion de longs rameaux feuillus, au détriment des figues et parfois pendant une ou deux saisons.

Quand tailler un figuier : le calendrier à retenir

La taille principale se fait lorsque le figuier est au repos, après la chute des feuilles et juste avant le réveil des bourgeons. Dans une grande partie de la France, la fenêtre la plus sûre va de février à mars. Attendez plutôt mars, voire le début d’avril, en climat continental, en altitude ou dans un jardin exposé aux gelées tardives. Sur le littoral méditerranéen, où les froids intenses sont rares, une intervention entre janvier et février est généralement possible.

SituationPériode conseilléeGestes à privilégierÀ éviter
Taille d’entretien d’un arbre adulteFin d’hiver, hors fortes geléesBois mort, branches croisées, éclaircissage légerRaccourcir toute la ramure à la même hauteur
Formation d’un jeune figuierDeux ou trois premiers hiversChoisir 3 à 5 charpentières bien répartiesMultiplier les coupes de raccourcissement
Variété bifèreFin d’hiver, avec modérationPréserver des rameaux d’un an bien placésSupprimer massivement le bois formé l’été précédent
Pincement estival facultatifDébut d’été, sur sujet très vigoureuxPincer l’extrémité de quelques pousses trop longuesTailler fort en plein été ou par canicule
Figuier très ancien ou abandonnéFin d’hiver, sur 2 à 3 ansRetirer progressivement les plus vieux troncsRabattre tout l’arbre en une seule fois
Les interventions utiles selon la période et la situation du figuier

Comprendre où le figuier porte ses fruits avant de couper

C’est le point qui évite la plupart des déconvenues. Les figuiers dits unifères donnent une récolte principale, souvent de fin d’été ou d’automne, sur les pousses développées au printemps. Les figuiers bifères offrent deux vagues : des figues-fleurs au début de l’été, issues de bourgeons ou de petits fruits formés sur le bois de l’année précédente, puis une récolte principale sur les pousses de l’année.

En pratique, un unifère admet un raccourcissement léger de certaines prolongations trop longues si l’arbre est vigoureux. Sur un bifère, cette même coupe peut supprimer une partie de la récolte précoce : gardez donc de nombreux rameaux d’un an, surtout ceux qui sont sains, bien éclairés et dirigés vers l’extérieur. Si vous ignorez le nom de votre variété, observez pendant deux saisons si l’arbre produit réellement une récolte estivale avant de tailler plus franchement.

3 à 5 charpentières suffisent généralement pour former un figuier en gobelet ou en buisson aéré
20 à 30 % de ramure vivante : un plafond prudent à retirer lors d’une taille annuelle d’entretien
2 à 3 ans estimation raisonnable pour rajeunir un vieux figuier sans le déséquilibrer

Préparer la taille : outils, repères et sécurité

Un sécateur affûté suffit pour les rameaux fins. Ajoutez un ébrancheur à long manche pour les branches intermédiaires et une scie d’arboriculture pour le vieux bois. Des lames franches écrasent moins les tissus et la cicatrisation est meilleure. Nettoyez les outils avant l’intervention, puis entre deux arbres, avec de l’alcool ménager ou un désinfectant adapté, surtout si une maladie est suspectée.

  • Repérez d’abord les branches mortes : elles sont sèches, cassantes et ne présentent pas de bourgeons vivants au printemps.
  • Distinguez les rejets qui partent du pied ou sous le point de greffe des jeunes tiges utiles au renouvellement.
  • Cherchez une structure ouverte : les branches doivent recevoir la lumière et ne pas se frotter entre elles.
  • Coupez juste au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur lors d’un raccourcissement, sans laisser un long moignon.
  • Pour supprimer une branche entière, coupez au niveau de son collet, le léger renflement à sa base, sans l’entamer.

Comment tailler un figuier : la méthode pas à pas

  1. Observez l’arbre à distance
    Avant toute coupe, regardez sa silhouette. Déterminez si vous souhaitez conserver un buisson bas, plus facile à protéger et à récolter, ou un petit arbre sur tronc. Imaginez les 3 à 5 branches principales qui formeront son ossature.
  2. Commencez par le bois mort et les branches abîmées
    Supprimez les branches sèches, cassées, malades ou clairement touchées par le gel. Coupez jusqu’au bois sain. Ce premier passage rend la structure lisible et limite les erreurs de taille.
  3. Éliminez les branches qui encombrent le centre
    Retirez les rameaux qui se croisent, frottent, poussent vers l’intérieur ou restent trop faibles et ombragés. L’air et la lumière doivent pouvoir circuler au cœur de l’arbre, sans chercher pour autant à le vider complètement.
  4. Sélectionnez les pousses de renouvellement
    Conservez quelques jeunes rameaux vigoureux, idéalement orientés vers l’extérieur, pour remplacer à terme le vieux bois. Sur un figuier conduit en buisson, un rejet bien placé à la base peut devenir une future charpentière ; les autres rejets peuvent être retirés à leur départ.
  5. Raccourcissez seulement ce qui déséquilibre l’arbre
    Une branche trop longue, pendante ou gênante peut être rabattue au-dessus d’un rameau latéral ou d’un bourgeon tourné vers l’extérieur. Ne faites pas de coupe uniforme en « boule ». Sur une variété bifère, réduisez au minimum le raccourcissement du bois formé l’année précédente.
  6. Vérifiez l’équilibre et nettoyez
    Reprenez du recul après chaque grosse coupe. La couronne doit rester équilibrée, aérée et proportionnée au système racinaire. Ramassez les rameaux malades ou infestés et ne les laissez pas au pied de l’arbre.

Adapter la taille à l’âge, à la variété et au mode de culture

Un jeune figuier doit d’abord construire son squelette. Durant les deux ou trois premières années, contentez-vous de choisir les charpentières, de supprimer les pousses concurrentes et de favoriser une forme basse et ouverte. Un figuier adulte déjà productif demande surtout de l’entretien : éclaircissage, suppression du bois âgé ou fragilisé, maintien d’une hauteur de récolte confortable.

Taille de fin d’hiver ou pincement d’été : deux gestes qui n’ont pas le même rôle

Taille de fin d’hiver

  • Structure l’arbre et supprime le bois mort ou mal placé.
  • Permet de rajeunir progressivement les vieux sujets.
  • Se pratique sur bois dormant, après les fortes gelées.
  • Doit rester modérée pour ne pas relancer trop de végétation.

Pincement d’été

  • Freine ponctuellement une pousse très vigoureuse.
  • Peut aider à contenir un figuier trop exubérant ou cultivé en pot.
  • Consiste à ôter seulement l’extrémité tendre de quelques rameaux.
  • Ne remplace pas la taille d’hiver et ne doit pas être réalisé tardivement.

Le cas du figuier en pot

En pot, la taille doit être encore plus douce : le volume racinaire limite déjà la vigueur. En fin d’hiver, retirez le bois sec, les rameaux qui se croisent et réduisez légèrement les prolongations trop longues pour garder une forme compacte. Tous les trois ou quatre ans environ, un rempotage ou un surfaçage avec renouvellement partiel du substrat peut être nécessaire ; évitez de tailler fortement les racines et la ramure la même année.

Le cas des régions froides

Dans les zones où le figuier gèle régulièrement, conduisez-le bas, en buisson, afin de pouvoir protéger le pied et les branches principales. Attendez que le risque de grand froid s’éloigne pour distinguer les parties réellement mortes. Si le gel a détruit une partie aérienne, sélectionnez ensuite quelques repousses vigoureuses et bien espacées au lieu de tout laisser repartir : un buisson trop dense fructifiera moins bien et sera plus difficile à récolter.

Après la taille : soins utiles et erreurs qui coûtent une récolte

Le figuier cicatrise généralement bien lorsqu’il est taillé proprement. Un mastic cicatrisant n’est pas indispensable sur une coupe nette ; l’essentiel est d’éviter les plaies inutiles et les grosses amputations répétées. Au printemps, apportez plutôt une fine couche de compost mûr et un paillage de quelques centimètres, sans le coller contre le tronc. Arrosez régulièrement les jeunes arbres et les sujets en pot pendant les périodes sèches, mais évitez les excès d’engrais azoté, qui favorisent les feuilles et les longues pousses plus que les fruits.

  • Rabattre toutes les branches à la même longueur : cela provoque des départs vigoureux, serrés et peu fructifères.
  • Tailler trop tôt dans un jardin gélif : les extrémités et les bourgeons restants risquent d’être endommagés.
  • Supprimer tous les rameaux d’un an sur un figuier bifère : la récolte estivale peut disparaître.
  • Conserver tous les rejets au pied : l’arbre s’épuise à nourrir une touffe dense et difficile à aérer.
  • Faire de grosses coupes sans nécessité : mieux vaut renouveler une vieille charpentière par étapes.
  • Attendre de la taille qu’elle compense un mauvais emplacement : un figuier a besoin de soleil et de chaleur pour mûrir ses fruits.

Questions fréquentes

On répond à vos questions

Peut-on tailler un figuier à l’automne ?

Ce n’est pas recommandé pour la taille principale, surtout dans les régions où il gèle. Attendez la fin de l’hiver pour intervenir. En automne, vous pouvez seulement retirer une branche cassée, malade ou dangereuse, avec un outil propre.

Pourquoi mon figuier ne donne-t-il plus de figues après une taille ?

Une taille trop sévère peut pousser le figuier à refaire beaucoup de bois et de feuilles avant de fructifier. Sur une variété bifère, vous avez peut-être aussi supprimé des rameaux d’un an porteurs de figues-fleurs. Le manque de soleil, un excès d’azote, le gel ou une sécheresse prolongée peuvent également limiter la production.

Peut-on couper un vieux figuier très court ?

C’est possible en dernier recours sur un arbre très encombrant, mais ce rabattage radical fait perdre plusieurs récoltes potentielles et entraîne souvent des repousses nombreuses et désordonnées. Préférez supprimer chaque année une partie des plus vieux troncs, en conservant de jeunes pousses bien placées pour prendre le relais.

Faut-il tailler les rejets qui poussent au pied du figuier ?

Oui, en général, car ils concurrencent la ramure principale. Retirez-les au plus près de leur point de départ. Exception : sur un figuier conduit en buisson ou en cours de rajeunissement, gardez un ou deux rejets vigoureux et bien orientés pour remplacer une vieille charpentière.

Comment tailler un figuier en pot ?

Taillez-le légèrement en fin d’hiver : retirez le bois mort, les branches qui se croisent et les pousses qui déséquilibrent sa forme. Évitez les coupes sévères, car le système racinaire est limité. Un arrosage régulier en été, un substrat drainant et une exposition très ensoleillée comptent autant que la taille.

Faut-il mettre du mastic sur les plaies de taille du figuier ?

Pas systématiquement. Une coupe nette, réalisée au bon endroit avec un outil désinfecté et affûté, suffit le plus souvent. Le plus important est de ne pas multiplier les grosses plaies et de couper hors période de gel ou de forte humidité persistante.