Courir dans le froid : la gorge et la poitrine brûlent, la toux arrive après l'effort, simple irritation ou asthme d'effort ?
Une sensation de brûlure dans la gorge et la poitrine en courant par temps froid vient surtout de l'air froid et sec qui irrite les voies respiratoires. Si elle s'accompagne de toux, de sifflement ou d'oppression qui culminent quelques minutes après l'arrêt, il peut s'agir d'un asthme d'effort, à faire confirmer par un médecin.
Si votre gorge et votre poitrine brûlent quand vous courez par temps froid, la cause la plus fréquente est l'air lui-même : froid et sec, inspiré en grande quantité par la bouche, il refroidit et assèche les voies respiratoires, qui s'irritent. Cette gêne est banale et passe en quelques minutes. Si elle s'accompagne d'une toux, d'un sifflement ou d'une sensation d'oppression qui culminent quelques minutes après l'arrêt de l'effort, il peut s'agir d'un asthme d'effort, fréquent et bien traité, mais qui doit être confirmé par un médecin. Une douleur thoracique serrante, elle, est un signal d'alerte à ne jamais ignorer.
Ce que fait l'air froid à vos bronches
Au repos, on respire par le nez, qui réchauffe et humidifie l'air avant qu'il n'atteigne les bronches. En courant, le débit respiratoire est multiplié et l'on passe à la respiration buccale : l'air arrive dans les voies respiratoires sans avoir été conditionné. Par temps froid, l'air contient en outre très peu d'eau. Les muqueuses doivent donc le réchauffer et l'humidifier elles-mêmes, au prix d'un refroidissement et d'un assèchement de leur surface.
Cet assèchement irrite la gorge et la trachée : c'est la brûlure que ressentent la plupart des coureurs aux premières sorties froides. Chez certaines personnes, il déclenche aussi une contraction des muscles qui entourent les bronches, qui se resserrent : c'est la bronchoconstriction induite par l'exercice, plus connue sous le nom d'asthme d'effort. Elle peut toucher des personnes asthmatiques, mais aussi des sportifs qui n'ont jamais eu d'asthme par ailleurs, en particulier dans les sports pratiqués au froid.
Irritation banale ou asthme d'effort ?
Faire la différence
Irritation par l'air froid
- Brûlure de la gorge et de la trachée pendant l'effort
- Nez qui coule, légère toux au début
- S'atténue en ralentissant, disparaît vite au chaud
- Pas de sifflement, pas de gêne à l'expiration
Évocateur d'un asthme d'effort
- Toux sèche, sifflement, oppression thoracique
- Symptômes qui culminent 5 à 15 minutes après l'arrêt
- Essoufflement disproportionné par rapport à l'intensité
- Récupération qui prend 30 à 60 minutes, se répète à chaque sortie froide
| Ce que vous ressentez | Cause la plus probable | Que faire |
|---|---|---|
| Brûlure dans la gorge, nez qui coule | Air froid et sec | Tour de cou sur la bouche, intensité modérée |
| Toux sèche et sifflement après l'effort | Bronchoconstriction d'effort possible | En parler au médecin, qui pourra faire des examens |
| Goût métallique dans la bouche | Effort intense, muqueuses irritées | Ralentir ; consulter s'il s'accompagne de crachats de sang |
| Point douloureux sous les côtes | Point de côté | Ralentir, respirer profondément, adapter l'échauffement |
| Douleur oppressante dans la poitrine, malaise | Possible cause cardiaque | Arrêt immédiat, appel du 15 ou du 112 |
La douleur latérale sous les côtes, qui oblige à ralentir, relève d'un tout autre mécanisme, détaillé dans notre article sur le point de côté qui revient à chaque sortie.
Courir l'hiver sans brûlure : les bons réglages
- Couvrez la bouche et le nez Un tour de cou fin ou un cache-cou respirant, remonté sur la bouche et le nez, crée une petite chambre d'air plus chaude et plus humide. C'est la mesure la plus simple et souvent la plus efficace.
- Échauffez-vous plus longtemps Dix à quinze minutes à allure très facile, éventuellement en commençant à l'intérieur par des exercices de mobilité. Un échauffement progressif réduit la réaction des bronches pendant la suite de l'effort.
- Respirez par le nez aux allures faciles Tant que l'intensité le permet, l'inspiration nasale réchauffe et humidifie l'air. Elle devient impossible à haute intensité, d'où l'intérêt de garder les séances dures pour les jours plus doux.
- Adaptez l'intensité Par grand froid, privilégiez l'endurance fondamentale. Les fractionnés et les sprints, qui font exploser le débit respiratoire, sont les plus irritants : faites-les sur tapis, en salle, ou reportez-les.
- Habillez-vous en couches Une couche respirante près du corps, une couche isolante légère, un coupe-vent, des gants et un bonnet. Vous devez avoir un peu froid au départ : dix minutes plus tard, vous aurez chaud.
- Buvez, même sans soif L'air froid et sec augmente les pertes d'eau par la respiration, alors que la sensation de soif diminue. Une muqueuse bien hydratée s'irrite moins.
Quand consulter, et en urgence quand
Si la toux, le sifflement ou l'oppression reviennent à chaque sortie froide, parlez-en à votre médecin. Un bilan respiratoire, parfois complété d'un test d'effort, permet de confirmer un asthme d'effort. Il se traite très bien, le plus souvent par un médicament inhalé pris avant la sortie, sur prescription, et ne doit pas vous faire renoncer à courir. Un essoufflement inhabituel dans les gestes du quotidien mérite aussi un avis : voyez pourquoi on peut être essoufflé en montant les escaliers.
Questions fréquentes
On répond à vos questions
Est-ce dangereux de courir quand il fait très froid ?
Pour une personne en bonne santé, bien équipée et qui adapte son intensité, courir par temps froid n'est pas dangereux. La prudence s'impose en cas d'asthme, de maladie cardiaque ou de facteurs de risque, et en dessous de températures très basses, surtout avec du vent. Couvrez les extrémités, la bouche et le nez, et raccourcissez la sortie si besoin.
Pourquoi ai-je un goût de sang dans la bouche en courant dans le froid ?
C'est une sensation fréquente lors d'efforts intenses, surtout au froid : les muqueuses irritées et très sollicitées peuvent donner ce goût métallique. Il est en général sans gravité. En revanche, si vous crachez du sang, ou si cela s'accompagne d'essoufflement ou de douleur, consultez un médecin.
Peut-on avoir un asthme d'effort sans être asthmatique ?
Oui. Une partie des personnes qui présentent une bronchoconstriction à l'effort n'ont aucun symptôme d'asthme au repos. C'est fréquent chez les sportifs d'endurance qui s'entraînent au froid. Le diagnostic repose sur un bilan respiratoire fait par un médecin.
Faut-il respirer par le nez ou par la bouche quand on court l'hiver ?
Par le nez tant que l'intensité le permet, car il réchauffe et humidifie l'air. Dès que l'effort augmente, la respiration buccale devient nécessaire : un tour de cou sur la bouche compense alors en partie. Ne vous forcez pas à respirer par le nez au point de manquer d'air.
La toux après un footing dans le froid est-elle normale ?
Une toux brève, qui disparaît en quelques minutes au chaud, est fréquente et banale. Une toux qui dure plus d'une demi-heure, accompagnée de sifflements ou d'oppression, et qui revient à chaque sortie froide, évoque un asthme d'effort et justifie une consultation.


