Cuillère d'argent Rechercher
Finances 3 janvier 2024 9 min de lecture

Comment remplir un chèque sans erreur et sécuriser son paiement

Un chèque bien rempli doit comporter un bénéficiaire clairement désigné, un montant identique en chiffres et en lettres, une date réelle et votre signature habituelle. Le moindre blanc, ajout ou rature peut compliquer l’encaissement et ouvrir la voie à la fraude.

Comment remplir un chèque sans erreur et sécuriser son paiement

Pour remplir un chèque correctement, indiquez le bénéficiaire, le montant en chiffres puis en lettres, le lieu et la date réels, avant d’apposer votre signature. Remplissez-le au stylo indélébile, sans blanc ni surcharge : un chèque est un ordre de paiement et reste un document sensible, même à l’heure du virement instantané.

Les informations indispensables sur un chèque

Un chèque bancaire français est largement préimprimé : le nom de la banque tirée, vos coordonnées, le numéro de compte, le numéro du chèque et la formule de paiement y figurent déjà. Votre rôle consiste à compléter avec soin les zones laissées vides. Un oubli, une écriture illisible ou une incohérence peut conduire la banque à refuser le paiement ou à demander une régularisation.

Zone du chèqueCe qu’il faut écrirePoint de vigilance
BénéficiaireLe nom complet de la personne, de l’entreprise ou de l’association.N’écrivez jamais « au porteur » et ne laissez jamais cette ligne vide.
Montant en chiffresLa somme exacte, en euros et centimes : par exemple 245,50 €.Commencez au plus près du bord et barrez l’espace restant si le modèle le permet.
Montant en lettresLa même somme, écrite en toutes lettres : « deux cent quarante-cinq euros et cinquante centimes ».En cas de différence, le montant en lettres prévaut en principe : vérifiez avant signature.
Lieu et dateLa ville et la date réelle de rédaction, selon les cases prévues.N’antidatez ni ne postdatez le chèque.
SignatureVotre signature habituelle, conforme au spécimen connu de votre banque.Elle doit être manuscrite et ne doit pas déborder sur les autres mentions.
Talon ou soucheLe nom du bénéficiaire, le montant, la date et l’objet du paiement.Conservez-le pour suivre votre compte et prouver le paiement.
Les zones à compléter et les contrôles à effectuer avant de détacher le chèque

Comment remplir un chèque étape par étape

Installez-vous sur une surface stable et utilisez de préférence un stylo à encre bleue ou noire non effaçable. Évitez le crayon, les encres effaçables et les stylos dont l’encre bave : l’objectif est de rendre toute modification visible. Prenez aussi le temps de vérifier votre solde disponible avant d’émettre le paiement.

  1. Vérifiez le compte et le feuillet
    Assurez-vous d’utiliser un chèque rattaché au bon compte et non un feuillet déjà annulé. Vérifiez que la provision est disponible : un solde affiché peut inclure des opérations en attente. Gardez une marge suffisante si des prélèvements ou paiements doivent encore être débités.
  2. Inscrivez précisément le bénéficiaire
    Sur la ligne « Payez contre ce chèque à l’ordre de », écrivez l’identité complète du bénéficiaire. Pour un professionnel, reprenez la dénomination figurant sur sa facture ou son devis. Pour un particulier, nom et prénom sont préférables. Ne laissez aucun espace exploitable après le nom.
  3. Écrivez le montant en chiffres
    Indiquez la somme dans la case réservée, avec les centimes si nécessaire. Exemple : 245,50 €. Écrivez nettement, sans transformer un chiffre en un autre, et tirez un trait dans la partie non utilisée de la zone lorsque sa configuration le permet.
  4. Reportez exactement le montant en lettres
    Commencez au début de la ligne : Deux cent quarante-cinq euros et cinquante centimes. S’il n’y a pas de centimes, écrivez « zéro centime » ou complétez clairement la ligne jusqu’à son terme. Tracez ensuite un trait horizontal jusqu’à la fin de l’espace afin d’empêcher l’ajout de mots.
  5. Indiquez le lieu et la date du jour
    Écrivez la ville, si le chéquier prévoit une case à cet effet, puis la date réelle d’émission. Ne datez pas le chèque dans le futur : un chèque postdaté demeure payable dès sa présentation à la banque. Une date incohérente peut également créer un litige ou compliquer le traitement.
  6. Signez comme auprès de votre banque
    Signez dans l’emplacement prévu, sans ajout décoratif ni signature inhabituelle. La banque peut comparer cette signature à celle enregistrée à l’ouverture du compte. Une signature absente rend le chèque irrégulier ; une signature très différente peut susciter un contrôle ou un rejet.
  7. Relisez, détachez et renseignez le talon
    Contrôlez une dernière fois l’orthographe du bénéficiaire et l’égalité parfaite entre les deux montants. Détachez ensuite le chèque proprement. Sur le talon, notez la date, le nom du destinataire, le montant et l’objet : facture, acompte, loyer ou cadeau.

Après la remise : encaissement, délai et preuve de paiement

Un chèque n’est pas un paiement instantané. Dès que vous le remettez, conservez votre talon et, si la somme est importante, demandez au bénéficiaire un reçu daté mentionnant le numéro du chèque. De son côté, le bénéficiaire le déposera sur son compte, en agence, par courrier ou via la solution proposée par sa banque. Les modalités de remise diffèrent : certaines banques demandent d’inscrire le numéro de compte et de signer au dos du chèque, d’autres fournissent un bordereau ou un dispositif de numérisation.

Ne considérez pas le chèque comme définitivement réglé au seul moment où il est remis. Le débit intervient après présentation et le paiement peut être refusé, notamment en l’absence de provision. Gardez donc la somme disponible sur votre compte jusqu’au débit effectif. Pour un chèque émis et payable en France métropolitaine, le délai usuel de présentation est de un an et huit jours à compter de son émission. Au-delà, la banque peut refuser de le payer ; mieux vaut ne jamais attendre cette limite.

2 montants à faire coïncider : chiffres et lettres
1 an + 8 jours délai de présentation habituel en France métropolitaine
0 € de plafond légal général, sous réserve de la provision disponible

Sécuriser le chèque et réagir en cas de perte ou de fraude

Le risque principal vient moins de la rédaction elle-même que de la circulation d’un chèque incomplet, volé ou mal contrôlé. Ne photographiez pas un chèque signé et ne communiquez pas son numéro complet, votre IBAN ou vos coordonnées bancaires sur un canal public. Envoyé par courrier, un chèque doit être glissé dans une enveloppe opaque, idéalement avec un justificatif séparé ; pour une somme élevée, une remise en main propre contre reçu est préférable.

  • Ne remettez pas un chèque à une personne qui ne peut pas justifier son identité ou son lien avec le bénéficiaire indiqué.
  • Surveillez votre compte après l’émission et rapprochez le débit du montant noté sur le talon.
  • Méfiez-vous d’un acheteur qui propose un chèque supérieur au prix puis demande le remboursement de la différence : c’est un scénario de fraude fréquent.
  • Ne confondez pas la réception d’un chèque avec la certitude d’être payé : un chèque ordinaire peut être impayé.
  • Pour un paiement professionnel, joignez une référence de facture au courrier ou au reçu, sans surcharger le chèque lui-même.

Chèque ordinaire, chèque de banque : lequel choisir pour une vente importante ?

La plupart des chéquiers personnels comportent des chèques barrés d’avance : ils sont normalement destinés à être crédités sur un compte bancaire, ce qui limite le risque d’encaissement direct par un tiers. Pour une vente de véhicule, de matériel coûteux ou d’objet de valeur, le vendeur peut demander un chèque de banque. Celui-ci est émis par la banque de l’acheteur, après contrôle de la provision selon ses règles. Il apporte davantage de sécurité, mais n’est pas invulnérable aux faux documents.

Pour une transaction entre particuliers : chèque ordinaire ou chèque de banque ?

Chèque personnel barré

  • Gratuit ou inclus dans le chéquier selon la banque.
  • Simple pour un paiement courant ou une somme modérée.
  • Risque d’impayé si le compte de l’émetteur n’est pas suffisamment approvisionné.
  • Le vendeur ne doit pas remettre le bien avant d’avoir évalué ce risque.

Chèque de banque

  • Adapté aux achats importants, notamment une voiture d’occasion.
  • Émis directement par l’établissement bancaire de l’acheteur.
  • Peut être facturé et nécessite un délai de préparation selon la banque.
  • À vérifier impérativement auprès de la banque émettrice, via un numéro obtenu sur son site officiel ou un annuaire fiable.

Si vous recevez un chèque de banque, ne vous fiez ni au logo ni au numéro imprimé sur le document : ces éléments peuvent être imités. Appelez l’établissement émetteur à partir d’un contact indépendant du chèque, vérifiez l’identité de l’acheteur et organisez la remise du bien dans un cadre sécurisé. Le chèque certifié, plus rare, est différent : la banque certifie alors l’existence de la provision pour une durée limitée, traditionnellement huit jours.

Quand préférer un virement ou un autre moyen de paiement

Le chèque conserve un intérêt pour certains règlements ponctuels, les associations, les professions qui l’acceptent encore ou les personnes peu à l’aise avec les outils numériques. Mais il n’est pas toujours le plus pratique. Pour payer une facture dont les coordonnées bancaires sont vérifiées, un virement offre une trace claire et évite de transporter un document bancaire. Pour un achat entre particuliers, un virement instantané peut être pertinent si les deux parties vérifient ensemble que les fonds sont réellement crédités sur le compte du vendeur, et non sur une simple capture d’écran.

SituationSolution souvent adaptéePrécaution décisive
Facture d’un artisan ou d’une entreprise connueVirement ou chèqueUtiliser les coordonnées figurant sur une facture authentifiée.
Achat d’un véhicule entre particuliersChèque de banque vérifié ou virement instantané observé ensembleNe pas se fier à une preuve de paiement envoyée par message.
Dépense quotidienne ou achat en magasinCarte bancaire ou paiement sans contactVérifier le montant affiché avant validation.
Don ou cotisation à une associationChèque nominatif ou virementConserver le reçu et le talon pour vos justificatifs.
Choisir le moyen de paiement selon la situation

Questions fréquentes

On répond à vos questions

Puis-je corriger un montant ou un nom sur un chèque ?

C’est fortement déconseillé. Une rature, une surcharge ou une correction au blanc peut entraîner un doute, un rejet ou une contestation. Si vous avez fait une erreur sur une mention importante, annulez le chèque et recommencez sur un nouveau feuillet.

Un chèque postdaté est-il valable ?

Oui, mais le postdater ne protège pas l’émetteur : un chèque est payable dès sa présentation, même si la date inscrite est future. Il faut donc l’émettre uniquement lorsque la provision est disponible et utiliser la date réelle de rédaction.

Le bénéficiaire doit-il signer au dos du chèque ?

Cela dépend de la procédure de sa banque. Lors d’une remise, le bénéficiaire doit souvent inscrire son numéro de compte au dos du chèque et peut devoir le signer ou compléter un bordereau. Il doit suivre les consignes de son établissement et ne le faire qu’au moment du dépôt.

Que se passe-t-il si mon compte n’est pas assez approvisionné ?

La banque peut refuser le chèque pour défaut de provision. Cela peut occasionner des frais, un incident de paiement et, selon la situation, une interdiction d’émettre des chèques. Contactez votre banque rapidement et régularisez dès que possible en réapprovisionnant le compte ou selon la solution qu’elle vous indiquera.

Puis-je faire opposition à un chèque parce que le vendeur ne m’a pas livré ?

Non, un litige commercial ne constitue pas un motif normal d’opposition. L’opposition vise notamment la perte, le vol ou l’utilisation frauduleuse du chèque. En cas de prestation non réalisée ou de produit non conforme, cherchez une solution avec le professionnel et utilisez les recours liés au contrat plutôt que de bloquer abusivement le chèque.

Combien de temps un chèque reste-t-il encaissable ?

Pour un chèque émis et payable en France métropolitaine, le délai de présentation est habituellement de un an et huit jours à compter de sa date d’émission. Mieux vaut toutefois l’encaisser ou le laisser encaisser sans attendre : après ce délai, la banque peut refuser son paiement.