Cuillère d'argent Rechercher
Bien-être 28 février 2024 10 min de lecture

Mal d’oreille : comment le soulager et savoir quand consulter

Un mal d’oreille se soulage d’abord par des gestes simples et un antalgique adapté, mais le bon traitement dépend de sa cause. Otite, bouchon de cérumen, douleur dentaire ou problème de pression : certains signes imposent une consultation rapide.

Mal d’oreille : comment le soulager et savoir quand consulter

Un mal d’oreille ne se soigne pas toujours « dans l’oreille ». La priorité est de calmer la douleur sans aggraver la situation, puis d’identifier la cause : infection, bouchon de cérumen, irritation du conduit, rhume, problème dentaire ou pression après un vol. Une douleur légère et récente peut parfois être surveillée, mais une otalgie intense, un écoulement, une fièvre importante ou une baisse de l’audition justifient une consultation.

Que faire tout de suite en cas de mal d’oreille ?

La plupart des maux d’oreille demandent d’abord une approche prudente : observer les symptômes, apaiser la douleur et éviter toute manipulation du conduit auditif. Un examen de l’oreille par un médecin, un pédiatre, un ORL ou parfois un pharmacien formé est nécessaire pour distinguer une otite externe d’une otite moyenne, repérer un bouchon ou vérifier l’état du tympan. À distance, il est impossible de confirmer la cause avec fiabilité.

  1. Repérer les signes d’alerte
    Cherchez un écoulement de sang ou de pus, une forte fièvre, une raideur de nuque, des vertiges, une surdité soudaine, un gonflement derrière l’oreille ou une douleur insupportable. Si l’un de ces signes est présent, ne vous contentez pas de l’automédication.
  2. Évaluer le contexte
    Notez depuis quand la douleur a commencé, quel côté est atteint, s’il existe un rhume, une baignade récente, un trajet en avion, une douleur à la mastication ou une sensation d’oreille bouchée. Ces détails orientent fortement le diagnostic.
  3. Soulager avec un antalgique adapté
    Le paracétamol est souvent l’option de première intention, à prendre selon l’âge, le poids, les contre-indications et la notice. Pour un enfant, la dose se calcule au poids : demandez conseil au pharmacien en cas de doute. N’associez pas plusieurs médicaments contenant du paracétamol.
  4. Appliquer une chaleur douce si elle soulage
    Une compresse tiède et sèche, posée quelques minutes contre l’oreille, peut apporter un confort temporaire. Elle ne doit pas être brûlante, humide ni introduite dans l’oreille.
  5. Surveiller l’évolution
    Si la douleur reste légère et qu’il n’y a aucun signe inquiétant, observez l’évolution sur 24 à 48 heures. En cas d’aggravation, de douleur persistante ou de gêne auditive durable, prenez rendez-vous.
24 à 48 h d’observation possible pour une douleur légère, récente et sans signe d’alerte
3 jours au-delà, une douleur persistante mérite généralement un avis médical
0 objet à introduire dans le conduit auditif, même en cas de sensation d’oreille bouchée

Comprendre la cause : toutes les douleurs d’oreille ne sont pas des otites

L’otalgie désigne une douleur ressentie dans l’oreille, mais sa source peut se situer dans le conduit, derrière le tympan ou dans une zone voisine. Une douleur qui augmente lorsqu’on tire doucement le pavillon ou que l’on appuie devant l’oreille évoque davantage une irritation du conduit. Une douleur profonde pendant un rhume, notamment chez l’enfant, peut correspondre à une otite moyenne. Chez l’adulte, une douleur unilatérale peut aussi provenir d’une dent, de l’articulation de la mâchoire ou de la gorge.

Cause possibleIndices fréquentsRéponse prudente
Otite externeDouleur au toucher du pavillon, démangeaisons, conduit sensible, parfois après baignadeConsulter pour confirmer le diagnostic ; un traitement local adapté peut être nécessaire
Otite moyenneDouleur plus profonde, rhume, fièvre possible, enfant irritable ou qui dort malAntalgique et évaluation selon l’âge, l’intensité et l’état général ; les antibiotiques ne sont pas systématiques
Bouchon de cérumenOreille bouchée, audition diminuée, parfois gêne ou douleur modéréeFaire confirmer le bouchon ; ne pas tenter de l’extraire avec un objet
Variation de pressionOreille qui craque ou se bouche après avion, plongée, montagne ou rhumeDéglutir, bâiller, boire par petites gorgées ; consulter si douleur forte ou persistante
Douleur projetéeMal de dent, douleur en mâchant, gorge irritée, mâchoire tendueConsulter le professionnel adapté : médecin, dentiste ou ORL selon les symptômes
Tympan perforé ou traumatismeDouleur brutale puis écoulement, sang, baisse d’audition après choc ou variation de pressionÉviter l’eau et les gouttes sans avis ; faire examiner l’oreille rapidement
Les causes fréquentes de mal d’oreille et la conduite à tenir

Quels traitements peuvent réellement soulager ?

Le traitement dépend de la cause, mais la douleur doit être prise au sérieux : un enfant qui pleure, dort mal, refuse de manger ou se touche constamment l’oreille a besoin d’être soulagé et observé. Le paracétamol, pris conformément à la notice, est généralement utilisé en première intention. L’ibuprofène peut convenir à certaines personnes, mais pas à toutes : demandez conseil en cas de grossesse, maladie rénale, ulcère, déshydratation, anticoagulant, allergie ou traitement habituel. Chez l’enfant, l’aspirine ne doit pas être donnée sans avis médical.

Soulager sans prendre de risque

À privilégier

  • Un antalgique adapté à l’âge, au poids et aux contre-indications
  • Une compresse tiède et sèche si elle procure un apaisement
  • Du repos, une bonne hydratation et le lavage de nez au sérum physiologique en cas de rhume
  • Des gouttes auriculaires uniquement après conseil médical ou pharmaceutique adapté au diagnostic

À éviter

  • Les antibiotiques restants d’une ancienne prescription
  • Les gouttes non prescrites si le tympan est possiblement perforé ou en présence de yoyos
  • Les cotons-tiges, objets pointus, bougies auriculaires et huiles versées dans l’oreille
  • Forcer le rinçage d’un bouchon lorsque l’on a mal, que l’oreille coule ou que l’on a été opéré

Les gouttes antalgiques ou antibiotiques ne sont pas interchangeables. Elles peuvent être utiles dans certaines otites externes, mais elles ne constituent pas le traitement habituel d’une otite moyenne située derrière le tympan. De même, un antibiotique par voie orale peut être indiqué dans des situations précises, notamment selon l’âge de l’enfant, la sévérité des symptômes et l’aspect du tympan, mais il ne doit jamais être démarré de sa propre initiative.

Adapter la conduite à tenir selon la situation

Après une baignade, une douleur localisée au conduit avec démangeaisons peut faire évoquer une otite externe. Évitez alors piscine et immersion jusqu’à l’avis d’un professionnel ; l’humidité entretient l’inflammation. En cas de rhume, de nez bouché et de pression dans l’oreille, le lavage nasal peut améliorer le confort, surtout chez l’enfant, mais les décongestionnants ne guérissent pas une otite et ne doivent pas être donnés à un jeune enfant sans conseil médical.

Si l’oreille est bouchée sans forte douleur, un bouchon de cérumen est possible. Les solutions céruménolytiques vendues en pharmacie ne conviennent pas à tout le monde : évitez-les si vous avez des drains, un antécédent de perforation, une chirurgie de l’oreille, des douleurs importantes ou un écoulement. Une extraction sécurisée par un professionnel reste préférable quand le doute existe.

Une douleur aggravée en mâchant, associée à une dent sensible, à un grincement des dents ou à une mâchoire qui craque, peut être projetée vers l’oreille. Le traitement passe alors par la cause dentaire ou articulaire, non par des gouttes. Chez un adulte, une douleur d’oreille d’un seul côté qui persiste sans cause évidente mérite aussi un examen médical, en particulier si elle s’accompagne d’une gêne à avaler, d’une voix modifiée ou d’une perte de poids involontaire.

Quand consulter rapidement ou appeler les urgences ?

Une consultation dans les 24 heures est recommandée en cas de douleur importante, de fièvre mal tolérée, d’écoulement, de baisse d’audition, de symptômes qui durent ou d’état général altéré. Les personnes diabétiques, immunodéprimées ou suivies pour une maladie chronique importante doivent être particulièrement prudentes face à une douleur du conduit auditif, surtout après une baignade.

  • Consultez rapidement si la douleur ne s’améliore pas après 48 heures de mesures simples, ou si elle persiste au-delà de quelques jours.
  • Faites examiner sans tarder une oreille qui coule, saigne, sent mauvais ou dont l’audition baisse nettement.
  • Demandez un avis urgent après un choc à la tête, l’introduction d’un objet, une brûlure, une projection de produit chimique ou l’entrée d’une pile bouton dans l’oreille.
  • Appelez les services d’urgence locaux, notamment le 15 ou le 112 en France, en cas de gonflement ou rougeur derrière l’oreille, oreille décollée vers l’avant, vertiges intenses, faiblesse du visage, confusion, raideur de nuque ou état général très dégradé.
  • Chez l’enfant, consultez plus tôt si la douleur est intense, si l’enfant est très somnolent, inconsolable, refuse de boire ou présente une fièvre importante.

Favoriser la guérison et prévenir les récidives

Pendant la phase douloureuse, gardez l’oreille sèche si elle coule ou si une perforation est suspectée. Pour la douche, évitez de diriger le jet vers l’oreille ; ne bouchez pas profondément le conduit avec du coton. Attendez l’absence de douleur et l’accord d’un professionnel avant de reprendre piscine ou plongée après une otite externe, un écoulement ou une suspicion de tympan abîmé.

  • Séchez uniquement l’extérieur du pavillon avec une serviette propre après la douche ou la baignade.
  • Laissez le cérumen jouer son rôle protecteur : il n’est pas nécessaire de nettoyer l’intérieur du conduit.
  • En avion, mâchez, bâillez ou buvez par petites gorgées à la descente ; un nourrisson peut boire ou téter si cela lui convient.
  • Évitez de fumer et de laisser un enfant exposé au tabac : les irritations respiratoires favorisent les infections ORL.
  • Respectez le calendrier vaccinal recommandé, qui contribue notamment à prévenir certaines infections respiratoires pouvant se compliquer d’otite.

Questions fréquentes

On répond à vos questions

Puis-je mettre des gouttes dans une oreille qui fait mal ?

Pas sans savoir pourquoi elle fait mal. Certaines gouttes sont adaptées à une otite externe, mais elles peuvent être déconseillées si le tympan est perforé, si l’oreille coule, si vous portez des aérateurs transtympaniques ou avez eu une chirurgie de l’oreille. En cas de doute, demandez conseil avant toute instillation.

Une otite peut-elle guérir seule ?

Certaines otites moyennes s’améliorent avec le temps, une bonne prise en charge de la douleur et une surveillance. Cela ne signifie pas qu’il faut ignorer les symptômes : l’âge, la fièvre, l’intensité de la douleur, l’état général et l’aspect du tympan déterminent la nécessité d’un traitement spécifique. Les nourrissons et les jeunes enfants doivent être évalués plus rapidement.

Le coton-tige peut-il provoquer un mal d’oreille ?

Oui. Il peut irriter ou blesser la peau du conduit, pousser le cérumen vers le fond et former un bouchon, voire endommager le tympan s’il est enfoncé trop loin. Nettoyez seulement le pavillon et l’entrée de l’oreille avec une serviette ou un linge doux.

Puis-je nager ou prendre l’avion avec une otite ?

La baignade est à éviter en cas d’otite externe, d’écoulement ou de tympan potentiellement perforé, car l’humidité peut aggraver le problème. L’avion peut majorer une douleur liée à la pression, particulièrement si le nez est très bouché. Si la douleur est forte, si vous avez de la fièvre ou un écoulement, demandez un avis médical avant de voyager.

Pourquoi mon oreille reste-t-elle bouchée alors que la douleur a disparu ?

Une sensation d’oreille bouchée peut persister après un rhume ou une otite, notamment lorsqu’il reste du liquide derrière le tympan ou un trouble temporaire d’équilibrage de pression. Un bouchon de cérumen est aussi possible. Si la gêne auditive dure, s’aggrave ou apparaît brutalement, faites contrôler votre oreille.

Une douleur d’oreille peut-elle venir d’une dent ?

Oui. Les nerfs de la mâchoire, des dents, de la gorge et de l’oreille sont proches : une carie, un abcès dentaire, une dent de sagesse ou un trouble de l’articulation de la mâchoire peut irradier vers l’oreille. Une douleur accentuée par la mastication ou associée à une dent sensible doit faire envisager un rendez-vous chez le dentiste.